55x125x3,5cm
Tsunami
Série: Paysages
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L'instant où tout bascule
Avec Tsunami, Sylvia Rhud pousse à l’extrême sa recherche sur les forces en mouvement. Ici, le soulèvement n’est plus souterrain ni vertical : il est frontal, cataclysmique, absolu. L'œuvre évoque moins la mer que la matière-même de la catastrophe. Elle rend tangible l’instant précis où l’équilibre rompu devient submersion.
Le traitement en bas-relief — toujours au cœur de la pratique de l’artiste — donne chair à l’impalpable. Le regard plonge dans une masse compacte, poussée, arrachée, projetée vers nous. Le contraste entre les zones d’ombre minérale (à gauche) et les grandes nappes claires et crayeuses (à droite) structure une dynamique de choc. C’est le heurt entre la terre et l’eau, entre le figé et le fluide, entre la mémoire tectonique et l’irruption brutale.
L’œuvre est saisissante par sa puissance silencieuse. Elle ne représente pas la vague — elle est la mémoire de son impact, inscrite dans la texture elle-même. Des strates fines évoquent des dépôts de sel ou de sable ; des fissures amplifiées suggèrent des failles ouvertes. Et pourtant, dans cette apparente violence, un mystère subsiste : une lenteur paradoxale, comme si la vague était figée dans une éternité minérale.
TSUNAMI marque ainsi un point de rupture dans le triptyque formé avec Cascade (la chute) et FLUX (le courant souterrain). Là où les deux premières œuvres évoquaient des processus internes, presque contemplatifs, Tsunami impose une réalité frontale : celle de l’événement, de la menace, de l’irréversible.